Souvenir de Giliola Bertuzzi

Je suis née en 1953 d’une famille pauvre, mais riche en valeurs. Mes parents étaient métayers ; ils travaillaient la terre en essayant d’en tirer le maximum de profit, à la sueur de leur front. Leur travail était récompensé par des produits sains et naturels. Leurs seuls revenus provenaient de la vente du blé de semence et du lait produit par nos sept vaches.

Je me souviens qu’une fois par semaine, ma mère préparait les crescentine. Elle commençait le soir en rafraîchissant le levain panaire. Le lendemain, mon père se levait de bonne heure pour traire les vaches et ramener le lait à maman, pour qu’elle puisse préparer la pâte. Vers neuf heures, quand la pâte avait levé, maman mettait à chauffer sur le poêle à bois une poêle en cuivre avec du saindoux.

Chez nous, le poêle était toujours allumé, été comme hiver, même avec 40 degrés dehors, parce que selon mon père – au fond, il n’avait tort – les plats cuisinés comme ça étaient plus goûteux !

Dès que le camion du laitier, M. Cacciarini, arrivait, maman étalait la pâte au rouleau, la coupait en losanges et la faisait frire au saindoux. Le laitier restait chez nous et nous prenions le petit-déjeuner tous ensemble avec nos crescentine croustillantes et son délicieux fromage.

Ingrédients
1 kg de farine, 2 verres de lait

1 verre d’eau, ½ cuillère de saindoux

100 g de levain panaire ou 10 g de levure de bière

Saindoux pour la friture, 15 g de sel

Préparation : Délayer le levain dans un peu de lait et mélangez tous les ingrédients jusqu’à obtenir une pâte lisse et homogène. Couvrez la pâte avec un linge humide et laissez-la lever. Étalez une feuille de pâte (pas trop fine) à l’aide du rouleau, coupez-la en losanges et faites-la frire dans le saindoux bien chaud.