Souvenir de Margherita Benvenuti

Chez les Benvenuti, comme dans bien d’autres familles, c’était vendredi de Carême tous les vendredis de l’année : on ne mangeait pas de viande. On avait coutume de préparer des plats « pauvres », en évitant surtout les mets à base de viande, même si le précepte du jeûne n’en demandait pas tant. C’était devenu une tradition. À vrai dire, cela changeait peu les habitudes, la viande étant de toute façon rare sur les tables de nos grands-parents. Les vendredis, donc, n’était pas si différents des autres jours de la semaine.

On raconte que dans certaines familles on préparait la polenta avec du hareng, ou mieux, au parfum de hareng. En effet, pendant les périodes de famine, un seul hareng suffisait pour agrémenter des dizaines de portions en frottant juste un peu les plats.

Toutefois, Carême ne voulait pas forcément dire que l’on mangeait peu et mal. Bien au contraire ! Certains mets, loin d’être une pénitence, étaient très attendus et fort appréciés.

Par exemple, la soupe aux haricots. La famille Benvenuti la préparait comme suit :

Ingrédients

400 g de haricots secs

Une ou deux gousses d’ail, un petit bouquet de persil

Huile d’olive, une cuillère de purée de tomates

Préparation : Faites tremper les haricots secs toute la nuit, avant de les cuire pendant une demi-heure dans de l’eau salée. Entre-temps, émincez l’ail, hachez le persil très fin et faites-les bien revenir dans l’huile ; incorporez la purée de tomates, versez petit à petit un peu de bouillon de cuisson des haricots et ajoutez ces derniers après les avoir réduits en purée au moulin à légumes. Réservez un bol de haricots entiers, à ajouter au potage en fin de cuisson. Faites bouillir le tout pendant une dizaine de minutes.

La soupe de haricots peut être servie avec des maltagliatis, des ditalinis[1] ou des spaghettis coupés en petits morceaux.

 

[1]                      Type de pâte originaire de la Campanie en forme de petits tuyaux.