Dans les années 1950, avec les plus petits de mes 9 frères et sœurs, on allait rendre visite à notre grand-mère et à nos oncles et tantes, qui travaillaient dans une exploitation dans la localité Santa Margherita, à quelques centaines de mètres de Loiano. Pour nous, il s’agissait d’un endroit enchanté. Notre grand-mère nous faisait faire de menus travaux, on cueillait les légumes du potager ou des mûres, avec lesquelles elle préparait une confiture délicieuse. Le 24 juin, à l’occasion de la fête de la Saint-Jean, elle nous faisait cueillir les noix pour faire le nocino[1]. Ensuite, elle les coupait en deux et les mettait dans une petite dame-jeanne en verre avec de la cannelle, des clous de girofle, du zeste de citron et de l’alcool ou bien de la grappa[2]. Enfin, elle l’exposait au soleil jusqu’en septembre, en la secouant de temps en temps.

Ingrédients

25 noix, 750 g de sucre

1 litre et demi d’alcool, 10 clous de girofle

Un morceau de cannelle, zeste de citron râpé

Préparation : Mettez dans un bocal en verre les noix, les clous de girofle, la cannelle, le zeste de citron et l’alcool. Laissez macérer au soleil jusqu’en septembre, en secouant le bocal de temps en temps. Filtrez le contenu à l’aide d’un entonnoir couvert par une gaze. Entre-temps, faites bouillir un demi-litre d’eau avec le sucre. Une fois le sucre dissous, laissez refroidir le sirop ainsi obtenu et ajoutez-le au nocino filtré. Mettez en bouteille et conservez à la cave dans l’obscurité pendant trois mois au moins avant de le consommer.

 

[1]                      [notchino] Liqueur obtenue principalement par la distillation et/ou la macération de noix vertes entières ; elle présente une robe d'un ton brun foncé et titre au minimum 30 % d'alcool.

[2]                     Du vénitien « graspo » = « rafle », voire grappe de raisin sans ses grains. Eau-de-vie italienne fabriquée à partir du marc de raisin très proche du « marc » français.